BONDONNEAU - COUFFIGNAL

BONDONNEAU - COUFFIGNAL

GALERIE GNG

Du 30 octobre au 1er décembre 2018

PARIS 6ème

 

 

BONDONNEAU - COUFFIGNAL

Artiste-fondeur connaissant la technique sur le bout des doigts, Guillaume Couffignal excelle à trouver ce moment si particulier de l’accord parfait de la forme et du fond. Il va vers l’essentiel et ses « bateaux », ses « théâtres » sont visions sublimées et dépouillées, sculptures dont l’empreinte marque durablement la rétine. « Sculpter, c’est ôter la chair jusqu’à sentir sous ses doigts le squelette, la substance originelle de toute chose. » dit l’artiste. Il a appris l’art de la cire perdue avec un fondeur traditionnel de Koudougou au Burkina Faso lorsqu’il avait 23 ans, chanceux de trouver sa voie si jeune. Il a senti la profonde alchimie du processus combinant les éléments de la Nature pour produire un concept qui n’existait pas auparavant dans notre monde. Il a vu le potentiel de cette magie de la terre. Il force le hasard et repousse les limites du bronze parce que chaque sculpture ne peut jamais être exactement reproduite.

« Avec Zone témoin, c’est une série de « biopsies par forage » de la mémoire qui nous est proposée. Mais ce qui est carotté ici, ça n’est pas seulement le territoire circonscrit où Benjamin Bondonneau plonge ses racines personnelles, mais bien ce vaste « espace du souvenir », aux strates errantes et en perpétuelle subduction, en lequel régulièrement tout hominien s’abîme et se ressource, et dont les couches les plus profondes (à moins qu’il ne s’agisse des plus légères et des plus volatiles) sont celles que traversent encore (nonchalamment, industrieusement, fugacement, ou avec cette patience absolue de qui sait occuper tout son présent) poissons, insectes, et tétrapodes - autant dire l’homme lui-même, ramené à un stade où non encore affligé du suprême embarras de son cerveau trop lourd, il tenait, sans autre alphabet que lui-même, libre dialogue avec le monde. C’est là une des forces de ce travail que de nous offrir, à travers cette plongée dans les terres argileuses de notre conscience, l’expérience d’un présent animal à explorer, arpenter, et cartographier - sachant que cette cartographie demeurera toujours le relevé non de la fixité de ces strates qui nous constituent, mais de leur volatilité et de l’éternel jeu qui à la fois les joint et les sépare. » Raphaël Saint-Rémy