BETTY HANNS - ERIC HERRMANN

BETTY HANNS - ERIC HERRMANN

CRID’ART

Du 7 au 30 décembre 2017

METZ (57)

 

 

BETTY HANNS - ERIC HERRMANN

Institutrice à Schirmeck, Betty Hanns a élu domicile en Haute Bruche voici 17 ans. En peu de temps, elle est remarquée. Le papier journal, matériau sommaire, quotidien, qu'elle utilise pour modeler, Betty Hanns en connaît toutes les facettes pour l'avoir longtemps manipulé avec les enfants avec lesquels elle travaille. Pour donner corps à ces silhouettes longilignes, l'artiste est allée plus loin, pliant à la masse, forgeant, soudant le métal jusqu'à obtenir un squelette, une armature métallique dont elle habille les volumes. Une construction plastique personnelle aboutie, où la figuration est assumée, l'ellipse poétique revendiquée. Ses compositions nous interpellent dans notre espace temporel et relationnel : liens entre terre et ciel, matériel et immatériel, soi et les autres, équilibre et déséquilibre, attente et rencontre. Les attitudes corporelles choisies, témoignent tout à la fois d'une certaine solitude et d'une quête sur le sens de la vie. Les histoires qu'elle raconte, sont comme des instantanés d'une situation prise sur le vif. Enracinées dans leur socle de métal, les silhouettes s'élancent dans un équilibre aérien, fragile et vertigineux à la découverte de l'espace et des autres. L'homme, la femme, sont revisités, travaillés, mis à nus, explorés, pour raconter tous leurs états

 

Eric HERRMANN né en 1971 à Colmar. Il vit et travaille dans la banlieue Strasbourgeoise. 

TRANSITIONS : Peindre les moments transitoires, entre le jour et la nuit ; le calme et la tempête. Ne pas savoir ce qui précède l'autre. Cette incertitude, ce flou, cette fragilité mystérieuse du moment est sublime car elle permet de se projeter, de se raconter une histoire qui nous est propre.

Tout cela est en fait un prétexte pour peindre cette lumière tellement obsédante dans le fait quelle n'existe que par ce qui l'entoure. Une des premières choses qui la révèle sont les nuages. Bien qu'ils annoncent souvent le mauvais temps, ils peuvent également annoncer le beau temps. Que peux-t-il se passer d'autre après un orage, une tempête que l'arrivée du beau temps ?

Ces paysages sont donc résolument optimistes !!! Quelle est cette nature que le peintre Éric Herrmann nous propose ? De l'eau, des ciels, des arbres. Rien que de très classique. Et pourtant, de ces étranges lumières naît un monde singulier, souvent nocturne ou crépusculaire. Quelques aubes peut-être. Peu de pleins midis.

Ces peintures m'évoquent le roman d'Alain Fournier, texte quelque peu oublié aujourd'hui, dans lequel Augustin Meaulnes, "Le grand Meaulnes", recherche un mystérieux domaine au lac enchanteur où une nuit une fête étrange et poétique se déroula. Là, la psychologie y était romanesque. Ici, dans les peintures qu'Éric Herrmann nous propose, l'atmosphère y est picturale. Les arbres, les nuées, l'eau elle-même sont les personnages de ces récits de quête que porte chaque peinture. On se laisse envoûter par ces lieux improbables, proches de ce qui pourrait être une réalité, mais qui appellent plutôt la rêverie, l'illusion, le mirage ou l'hallucination. Retrouverons-nous jamais les lieux enchanteurs qui peut-être inspirèrent ces peintures ?

Aussi, laissons-nous prendre par ces pièges ; nous ne savons pas où ils peuvent nous mener. Étienne Yver