BERNABE - FRANC

BERNABE - FRANC

GALERIE CLAIRE CORCIA

Du 6 février au 22 mars 2014

PARIS 3ème

INSIDE OUT

 

A travers la sculpture, la peinture et le dessin, l’exposition « Inside Out » incarne l’élan intérieur de deux artistes contemporains défendus par la Galerie Claire Corcia.

Haude Bernabé manipule le métal et en fait surgir des êtres inspirés, puissamment expressifs, vecteurs de sa relation à l’autre dans sa différence, son opacité parfois, sa multiplicité. Elle invite à observer les frémissements de la réalité née de l’interaction de ses personnages.

Arnaud Franc projette sur la toile l’évocation de corps libres, sauvages et déployés, entre perte d’équilibre et lévitation.

 

Haude BERNABÉ

 

Originaire de Brest, Haude Bernabé commence à explorer la sculpture dans les années 1990. C'est dans la dureté du métal qu'elle trouve refuge, déterminée à dompter un matériau froid et résistant. Le climat de tension et de résistance dans lequel la confine ce travail est la condition de son expressivité. Haude Bernabé défie la rugosité et l’apprêté de ce medium en le façonnant et le modelant jusqu'à obtenir des êtres émouvants et inspirés. La sculpture est le vecteur de son intériorité. C'est par la création que l'artiste parvient à extérioriser ses émotions. Nous laissant parcourir sa mythologie personnelle, elle nous fait découvrir une forêt d'êtres éloquents, symboles des passions qui animent les profondeurs de son âme.

L'artiste intègre ici la littérature à ses sculptures. Elle parvient à matérialiser l'écriture, à lui donner forme. Inspirée par Albert Camus, Jean Genet ou Bernard-Marie Koltès, Haude Bernabé s'imprègne de la parole des auteurs et réussit à l'incarner, à lui donner une matérialité. Les mots de Camus : « Nous allumons dans un ciel ivre les soleils que nous voulons » enveloppent et traversent ses personnages. L'artiste libère et donne vie au sens de l'écriture. Haude Bernabé se consacre également, au travers de cette exposition, à un travail plus instinctif et primitif dans lequel prédomine le hasard et donne ainsi naissance à des figures et des êtres sauvages, imprévisibles, tout droit sortis de l’Inconscient de l’artiste.

 

Arnaud FRANC

« Je suis la forme. La ligne qui passe et m’enveloppe de tout son geste précipite mes contours et soulève des débordements fébriles. C’est en dansant quelle trouve appui au nœud des émotions et glisse jusqu’à embrasser la forme. Compulsif, je pourrais dans la gravité chercher à démêler l’essence, le souffle ou le sens qui induit l’identité ; Ce dessin issu de l’attraction terrestre révèle l’ordre indicible des affections ».

Arnaud FRANC

 

Arnaud FRANC utilise la peinture et le dessin pour faire surgir ses émotions. Originaire de Villefranche sur Saône, il suit ses premiers cours de dessin à l'âge de 16 ans avec Marc de Mikelis à Lyon. Ses études artistiques l'orientent ensuite vers le design et l'architecture d'intérieur, d'abord à Lyon à l'Ecole d'Arts Appliqués, puis à Paris, à l'Ecole supérieure d'Arts Graphiques (Académie Julian). Son travail est avant tout issu du dessin, du trait par extension du geste.

Inspiré par le corps et le vivant, l'artiste travaille d’après modèle. Flirtant avec l'abstraction, Arnaud Franc s'éloigne de la vraisemblance, travaillant l'élongation des membres et inventant la teinte des carnations. Il transforme les corps jusqu'à faire de la présence du modèle un prétexte à la création. Le modèle devient une allusion au vivant, à l'énergie dont le rayonnement provoque le dynamisme du trait de l'artiste. Arnaud Franc se nourrit de l'énergie vitale et charnelle du modèle.

Arnaud Franc donne vie à une chorégraphie sauvage, dansée par des corps épais et lourds mais semblant pourtant flotter ou errer entre les traces énergiques des coups de pinceau et les couleurs vives. Il aborde la trace que laisse une présence, le passage de l'autre, son empreinte dans le temps et l'espace. La mixité des matériaux qu'il utilise : peinture, fusain et pastel traduit la frénésie de son oeuvre. Arnaud Franc laisse son instinct guider l'impulsion de son trait déformant toujours plus les corps se dirigeant vers une distorsion libératrice. C'est de la tension que le geste jaillit et se prolonge en un trait incisif et nerveux.

« Le corps que l’artiste aborde est un mélange de grâce et d’épaisseur, de légèreté et de pesanteur. Un travail à l’énergie très graphique, portée par un trait qui n’hésite pas à déformer les proportions, à suggérer la tension du modèle, sa résistance physique, mais aussi à retranscrire la liberté d’un mouvement, la fraicheur d’une vision, un émerveillement de la chair… S’installe ainsi un jeu plastique où le vide, l’espace mettent en valeur cette chorégraphie sauvage et dépouillée, ces corps partagés entre beauté et outrance, vérité intérieure de l’artiste et âpre distorsion de la figure humaine. »

Serge Hartmann les DNA Strasbourg