Jean-Jacques MAHO

Jean-jacques Maho est peintre et graveur, pour lui ces deux familles sont complémentaires car chez lui elles résultent du même processus : à savoir le surgissement à partir de taches informelles.
Mais quel est donc ce processus ?
Lorsque l’on évoque le nom de "gravure", on pense à la plaque de métal que l’on creuse, que l’on entaille que l’on raye, que l’on burine, on pense à l’eau-forte, au vernis, et à l’odeur de l’acide qui vous prend à la gorge.
Si Jean-Jacques maîtrise toutes ces techniques (il les a acquises, entre autres, au Venezuela, au centre d’enseignement graphique de Caracas), il a décidé d’en prendre le contre-pied.
La gravure donne des épreuves multiples ? Il fera des œuvres uniques : les monotypes.
La gravure procède de plaques creusées ? Il travaillera son encre sur des plaques qui demeureront planes, indemnes de tout creux.
La gravure s’exécute avec des outils précis ? Il travaillera avec ses doigts et des chiffons. Il frotte, caresse, force, enlève, ajoute, retouche…, et la forme naît de tous ces gestes, de ces allers-retours. Elle émerge d’un chaos originel.
Or, sa peinture s’accomplit dans le même esprit. Voilà pourquoi mince est la frontière entre ces deux pratiques.
Dans ces conditions, comment ne pas penser au début de la genèse, (après l’exposition "Babel", faire appel au texte biblique n’est pas incongru, ni présomptueux).
"Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres."
Séparer l’ombre de la lumière, c’est bien de cela qu’il s’agit…
Le clair et l’obscur est ici mis en œuvre, le blanc qui survit c’est le blanc du papier, immaculé ; le sombre c’est ces formes qui seront reconnues par nous, tantôt visages, tantôt paysages.
Ce seront des signes que l’on re-connaîtra en s’approchant ou s’éloignant des œuvres.
"Geste et signe trouvent ici un équilibre singulier, impossible à reproduire, résultat d’une fusion des matériaux inertes sous l’action de l’énergie formatrice" ces mots, empruntés à Umberto Eco, sont si proches du travail de Jean-Jacques.
Bernard Loubert 
(professeur d’art plastique en retraite - Université de Valenciennes)

 

 

 

J’ai toujours travaillé la gravure, aujourd’hui je fais essentiellement des monotypes, les outils de la taille-douce me sont nécessaires pour développer mon art. Parallèlement je développe un travail en peinture sur de l’intissé (matériau dont l’apparence de tissu provient non pas d’un tissage mais d’une compression des fibres avec un liant).
Quelle que soit la technique, j’aime à travailler  sur l’expansion du regard, le figuré va au-delà de l’espace dans lequel il est figuré, têtes sans contours, visages ouverts, paysages indéfinis, tout bouge, tout est mouvement, comme des taches sur un mur que petit à petit notre regard construit.
Depuis une dizaine d’années, je travaille principalement sur le portrait et le paysage.

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