Franciam CHARLOT

Cri vibrant de nos peurs et angoisses

Autodidacte, Franciam défie toute classification et aborde la peinture sans faux-semblant.

Arrivé à Toulouse au début des années 90, l'artiste livre une approche sans concession à la mise en forme : le support, les pinceaux, la peinture, le trait, la couleur...

Tout est outil et anecdote à l’œuvre finale. Le trait délimite le contour, donne de l'ordre à cette substance picturale. Soudain, la ligne dévie, se brise, la forme se répand et alors le raté et le tremblement s'imposent naturellement. L’imperfection se fait composante et donne à ces figures toutes leurs forces expressives. De ses tableaux jaillissent toutes l'essence humaine et malgré le chaos ambiant, une oppressante sérénité règne en maître dans toutes ses œuvres : ces personnages tour à tour pesants, élancés, hagards semble nous fixer jusqu'au plus profond de notre âme. Aussi fascinants que dérangeants, ils semblent nous attendre patiemment, prêts à nous emboiter le pas. On se surprend alors à les guetter du coin de l’œil, de peur que soudain, ils ne prennent vie. La peinture de Franciam Charlot ne s'apprivoise pas, elle est là pour provoquer un malaise existentiel : sans véritable bouche, ses visages sont pourtant le cri poignant de nos peurs et angoisses. Mais contrairement à ce qu'il voudrait nous faire croire, derrière l'aspect brutal de ses figures simplifiées à l’extrême se cache une posture pensée, avec une réel charge esthétique.

" S'il cherche à élimer l'esthétisation en utilisant des outils destroy, ses personnages sont pourtant beaux. Dans un environnement abstrait, viennent se positionner ces figures dans un geste qui va alors se raffiner, s’embourgeoiser " atteste Didier Goupil.

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