Chloé SONTROP

J’ouvre principalement mon répertoire sur le thème de l’enfance, du voyage et de la construction de soi. Dans les vibrations de la matière surgissent des visages infantiles qui nous emportent dans un univers minéral, sensible et à la fois inquiétant. Nées de terre, d’eau et de feu, les sculptures interpellent chacun de nous au plus profond de son être pour nous révéler un instant fragile. Des enfants aux traits doux et expressifs émergent peu à peu de la masse pour y dégager une certaine mélancolie comme pour mieux se préserver du passage douloureux à l’âge adulte. Inspirés des différents continents, ils évoquent un désir de liberté, de s’évader, et en même temps une lueur d’espoir. Ils libèrent une présence, nous invitent au silence et à une forme de recueillement. Derrière cette inquiétude se dévoile une certaine tendresse. Ces visages aux regards pensifs, insaisissables, écrasés par un destin trop lourd à porter viennent nous chercher, nous toucher, nous interpeler… D’où viennent-ils ? Qu’ont-ils vécu ? Sont-ils perdus ? Ils sont là bien présents, n’ont pas envie de grandir et ne nous laissent pas indifférents. Il semble que l’innocence ait été interrompue. Définitivement bannis d’un monde heureux, ils ont cette énergie intérieure et cette spontanéité captée dans l’instant qui se révèle dans la force du modelé. Serait-ce la nostalgie d’un temps perdu ? Face à un monde bruyant, tous expriment un sentiment, une émotion à laquelle chacun peut s’identifier, projeter sa propre image ou sa propre histoire. Ils accèdent à un espace intime, évoquent un souffle de vie et nous renvoient à des moments vécus.

L’enfance, cet instant si fragile et si précieux constitue chez chacun d’entre nous les racines de notre existence. Il reste toujours quelque chose de l’enfance, toujours…

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