Agnès MARILLER

Agnès Mariller, née en 1960, vit et travaille à St Étienne.

Partant de la posture de me prendre comme modèle, objet et non sujet, je travaille, depuis plusieurs années, ce personnage archétypal dont le reflet est dépossédé de personnalité pour n’être que «corps- lieu», une incarnation. De ces contraintes revendiquées découle la frontalité ce qui crée une image crue : un visage sans aura qui tend au générique. Le corps devient chair à représenter. La peinture travaille sur «l’extrême dessus de la viande vraie».

Par ce dispositif contraignant, répétitif et performatif du corps à la fois modèle et peignant, je provoque une tension, la tension du corps. À travers ce personnage unique, je travaille à l'effacement du biographique pour «atteindre» le tremblement de l’humain, «une humanité qui a perdu son centre de gravité» : une recherche du collectif, une ouverture.

Sur la toile, je livre l’ahurissement, l’hébétude des corps et des visages offerts. Utiliser la toile comme lieu où proférer, tout en refusant une narration fermée pour laisser ouverte l’interprétation.

La matière picturale affirme sa tangibilité, sa rugosité, sa faillibilité. J’essaie de travailler dans cette acuité mêlant coulures de jus et affleurement de la touche. L’onctuosité de l’huile contre l’âpreté de la toile. Une peinture qui n’est que ça. Chaque étape du peindre se laisse apercevoir ; la toile devient une mémoire sur laquelle le temps s’est stratifié.

La taille, la forme disent l’humain. Tout doit se jouer dans une envergure moyenne, à portée de main, à portée de corps. Puisque posant, je peins.

Agnès Mariller

 

 

 

 

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